Essai Premier contact avec la Toyota GR Yaris

Depuis le temps qu’on en parle, l’EDG Racing a enfin reçu sa Yaris GR. Cela a commencé par un acte manqué. Dés la sortie du véhicule, je l’avais réservé sur le site de Toyota pour être sûr d’être un des heureux élus, tel le propriétaire de Cayman GT4 RS, et puis le truc m’a paru beaucoup trop petit pour un usage polyvalent, dont ski (est ce que mes skis allaient rentrer ???). Du coup la Golf R est passée par là et j’ai annulé la Yaris.

Mais à force de voir des essais tous dithyrambiques, des vidéos « qui font plaisi » sur « Youtu » et des essayeurs sous le charme, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté de cet engin. D’autant que PlanetGT TV avait fait un essai enthousiaste dans le… Vercors

Grand fan des vidéos de Rasso-Ouest, les essais multiples de cette auto par Yann et Pierre ont achevé de me motiver. Et en septembre 2021, commande fût passée chez mon concessionnaire local dont cela allait être la première vendue !

Le choix était simple, peu de couleur et pas d’option à part choisir la version. J’ai bien entendu pris la version track, et j’ai choisi la couleur blanc nacré comme la Mégane, super jolie au soleil. J’ai ajouté quelques accessoires : les tapis caoutchouc pour l’hiver, les boulons anti vol noirs, et j’ai commandé 4 jantes de Premium pour l’hiver aussi. Alors pourquoi pas des jantes de track me direz-vous ? Et bien c’est très simple, ces jantes là sont fabriquées dans la station spatiale internationale, en apesanteur, par des cosmonautes ultra spécialisées, dans un alliage acheté probablement sur la planète Krypton. Enfin, je n’en suis pas sûr mais je ne vois pas d’autre explication au tarif de… 12 K€ les 4 jantes alu (pas carbone, pas titane, pas bitonium … non non alu !!!).

J’avais eu l’occasion d’un essai rapide il y a un an dans les Cévennes mais si j’avais aimé, je n’avais plus bien les choses en tête. En passant l’autre jour avec l’ami Paulo à la concession, je découvrais une autre Track d’occasion « neuve » (80 km). Le vendeur vraiment sympa nous propose un essai en attendant la mienne, mais l’auto étant neuve il fallait respecter les 4000 tours. L’essai sur une petite route, à 3 dans la voiture, comme quoi c’est possible, fut vraiment génial et j’étais impatient de prendre livraison du bolide.

Cela fût fait quelques jours après et depuis je roule pour atteindre les 1500 km fatidiques concluant le rodage. Alors qu’en ressort-il ?

J’ai parcouru essentiellement les routes de l’Ardèche, du Vercors, de la Haute-Loire,…  et aujourd’hui au moment d’écrire cet article j’en suis à 1200 kilomètres.

D’abord la ligne, l’auto est vraiment jolie et attire les regards d’un public varié. On ne se trompe pas sur sa destination et je note que le marketing de Toyota a bien marché car l’auto est connue partout, surtout bien sûr en terre de rallye !

Elle n’est pas si petite devant car Paulo et moi y sommes à l’aise (1,88m pour moi et près de 1,95 pour Paulo) et nous sommes plutôt « conséquents ». Et j’ai pu même emmener un ami et sa fille (assez grande) sans aucun problème. Mais soyons clair ce n’est pas une familiale.

L’intérieur est assez banal, un intérieur de Yaris, bien assemblé mais pas d’un niveau de finition allemand, mais c’est propre et il y a tout. L’équipement est suffisant : clim, caméra de recul sono, et les habituels dictateurs sécuritaires électroniques dont la déconnexion est assez simple mais doit se faire à chaque démarrage : start & stop, front assist, lane assist, anti-patinage, ESP… et cela me rend fou que toutes ces déconnexions allument autant de voyant ORANGE au tableau de bord. Ce devrait être vert !!! Car quand c’est vert on peut y aller !!! Arrêtez avec vos voyants orange qui signale un danger. Pourquoi pas rouges clignotant avec une alarme de guerre nucléaire et une voix disant « Attention vous avez tout déconnecté, le sapin ou le muret vous guette, conduire est dangereux ! ». C’est vraiment irritant !  Et pourtant comme je le disais ans un autre article, ces systèmes sont très bien, quand on en a besoin. Il faudrait donc pouvoir les connecter à la demande mais pas se les voir imposer à chaque fois. Bref, c’est mon côté Don Quichotte et ces aides sont mes moulins à vent …

Revenons à l’essentiel, l’auto ! Ce qui surprend le plus c’est le 3 cylindres. Quelle pêche !! Un couple de camion, des reprises d’enfer à bas régime et un tonus fou. Il faut qu’avec 360 Nm à 3000 tours on est pas mal ! La boite de vitesses est super bien étagée, et le maniement est génial. Un joystick !! Encore meilleure que la Honda Civic Type R qui était une référence ! La direction est aussi précise et parfaite.

Les freins semblent infinis et puissants, mais il faudra voir une fois rodée. Reste le gros sujet, le comportement routier … Il faudra y revenir car il faut voir avec toute la puissance mais 2 choses ressortent de mon essai à ce jour :

  • C’est très confortable et clairement c’est une auto de rallye faite pour absorber sur de la spéciale de rallye. C’est donc bien en dehors et on est tout confort moderne, mais sur très belle route rapide, le roulis est important et étonnant quand on pense à la Megane ou à la Golf.
  • L’empattement est court et il faudra être vigilant à la conduite en mode « du gros »

Bref, il me semble que cette auto a un « intervalle de fonctionnement » bien spécifique : la spéciale de rallye tournante et si possible bosselée ou technique et demandant beaucoup de vertical. Dans ce cadre elle est impériale et peu d’auto peuvent en donner autant en performance et efficacité. En dehors, elle est bien si on roule normalement mais trop souple si on souhaite vraiment bolider. Il faut dans ce cas vraiment s’appliquer et découvrir son mode de conduite (je m’y emploie mais j’avoue ne pas y être encore) : bien charger l’avant pour éviter un roulis excessif, accélérer au bon moment … bref, vous me direz, il suffit de bien savoir conduire. Oui certes mais c’est plus exigeant que d’autres autos.

Et puis il m’est arrivé d’attaquer dans ma fourchette de 4000 tours dans des virages rapides en enfilade et comme le dit très bien Yann Le Jossec, il faut avoir tout lu et être réveillé, car l’auto est très sensible de l’arrière, vraiment. Et si un fois l’arrière parti se promener la chose se rattrape bien, cela surprend au début. En gros une auto de pilote qu’il faut aborder avec modestie si on veut vraiment attaquer et en profiter. Je parle bien sûr avec tout de déconnecté. Donc je travaille et m’applique pour tirer la quintessence du machin. Je pensais la Mégane vive, la Yaris l’est beaucoup plus !

Parlons aussi un peu des modes de conduite, il y en plusieurs dont 3 principaux :

  • Normal avec une répartition 60% avant et 40 arrière : le mode qui sert aux courses, à l’autoroute, bref à tout sauf le bolidage
  • Sport avec 30 devant et 70 derrière. Je l’aime bien mais je me rends compte peu à peu que l’auto comme ceci, et ce n’est pas surprenant, demande encore pas mal d’efforts à l’inscription
  • Track : 50-50 et là l’auto est vraiment comme elle doit être et on peut l’utiliser parfaitement sur les routes pour lesquelles elle est faite.

On peut encore déconnecter les aides en mode Track ou Sport pour passer en mode Expert, mais il reste quelques aides très laxistes, et si on insiste sur les touche de déconnexion, on coupe tout et le mode Expert disparait.

Ce matin avant d’écrire cet article je suis allé faire une spéciale du Monte- Carlo, qui sert aussi au Rallye de la Drôme et aussi de base d’essai aux usines du WRC (le col de l’Écharasson) et j’ai enchainé avec la route de l’Arps, sorte de Nürburgring du Vercors. Je suis toujours en rodage vers 1200 km alors je tire 4500 max désormais.

Dans l’Écharasson qui est assez serré, quel plaisir !!! On a vraiment l’impression d’être dans la caisse de rallye parfaite, une mini WRC,  bon de loin mais quand même c’est la base de la WRC de Championnat du Monde. Aucune vaguelette de la route, bosse ou autre ne la perturbe. Pas de mauvais retours dans le volant. La pêche du moteur est géniale, on relance d’une force. Les freins sont parfait et on pose le nez de l’auto où on veut, et ça repart comme une balle. Il me tarde de pouvoir envoyer l’aiguille du compte-tour dans la boîte à gants !!! J’aime comme elle se place, il faut bien sûr profiter du débattement des suspensions en la calant d’une inscription ferme mais pas trop non plus, une sorte de main de titane dans un gant de Nomex ! Il ne faut pas non plus donner trop d’angle au volant sinon les pneus ont tendance à se coucher un peu, mais il est probable qu’en améliorant mon pilotage je progresse sur ce point. J’envisage déjà un travail, léger, sur la géométrie. A confirmer. On sent qu’avec du talent l’auto pourrait faire un ballet en glisse sur la route ! Bref un immense moment de plaisir.

Puis dans l’Arps, très rapide, très bien revêtu et de looooooooongues courbes rapides pendant 20 km. En s’appliquant, et en respectant toujours les frustrants 4000-4500 tours, on arrive à passer vraiment vite, mais il faut s’appliquer et être fin. Ce n’est pas une auto de bourrin, il faut travailler vraiment et je vais d’ailleurs demander au Chief Instructor de l’EDG Racing de mieux régler le paylote !!!

Sinon quelques autres infos, le son est plutôt sympa bien qu’artificiel, mais je fais partie de ceux qui s’en foutent. C’est sympa dedans et dehors assez discret. Et comme mes autos ne sont pas là pour éblouir les foules devant les hurlements de mes échappements (et au pire si cela me frustre je peux sortir la Bullitt ou la GT3 !), cela me va bien. On est quand même dans un monde de plus en plus autophobe, sauf bien sûr en terre de rallye où cette auto est accueillie triomphalement !

Le tableau de bord a de vraies aiguilles et on peut afficher pression de turbo, pression d’huile et température d’huile. Mais en tout petit pour les infos sur l’huile, pourquoi Toyota ??? Pourquoi pas l’huile en plus gros ??? La pression de turbo c’est sympa, mais pas autant que l’huile !!! A moins qu’un mode caché que je n’ai pas encore trouvé le permette …. La sono est correct sans plus…

Parlons aussi de 2 points irritants :

  • La visibilité entre le rétro et la tablette : insupportable, mais l’entretoise rétro que l’on trouve partout en accessoire règle définitivement le problème et cela se fait en 15 minutes.
  • La position haute du siège. C’est un peu pénible au début, mais on s’y fait et je n’y pense plus. Maintenant je regarde quand même les kits de rabaissement du siège, on sait jamais. Par contre j’échange le kit rabaissement contre des sièges qui maintiennent mieux. Là c’est pas du boulot pour une telle auto !

Au final que dire ? Et bien c’est une auto étonnante, faite pour un usage précis, le bolidage petites routes typées rallye. Et dans cet usage c’est une auto merveilleuse, qui donne un plaisir intense et qui permet de progresser en payloting. Pour les autres usages, l’auto va très bien aussi grâce à son confort et son moteur super pêchu, mais elle n’est pas aussi impériale que peut l’être une Megane RS ou une Golf R.

Et puis, surtout, c’est une machine unique, faite par un constructeur passionné, avec un ADN de rallye. Depuis la disparition des Sub et Mitsu, on avait plus ça. Le passionné de rallye qui habite dans les régions avec des routes adaptées saura se faire un plaisir immense avec cette auto. Un plaisir qu’aucune autre auto ne lui donnera.

Rendez-vous post rodage pour un essai en mode « du gros » et surtout avec La Balade Française et les Moutains Drivers pour des vidéos folles !